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Eloge de l’ennui contre la passivité.

01/01/2018

Article vindicatif basé sur l’expérience.

S’ennuyer est merveilleux et productif.

Comme un animal part en recherche de nourriture lorsqu’il ressent la faim, l’esprit d’un enfant part en recherche lorsqu’il n’a rien de précis à faire. Et c'est tant mieux.

Il s’ébroue, vagabonde, revient sur des pensées ou des événements du jour pour mieux les assimiler, invente des histoires et les vit à travers ses jouets ou ses dessins. Il se mettra même peut-être à chantonner ou fredonner.

Dans tous les cas, son cerveau s’active, gambade, saute, se baigne, se cogne peut-être, se relève et continue, bref il fonctionne.

Être passif n’a rien à voir avec l’ennui. Être passif n’est jamais « faire », « agir » ou « penser ». C’est plutôt rester le cerveau grand ouvert, à laisser y pénétrer ce qui passe, sans pouvoir prendre le temps d’y réfléchir ou de l’assimiler.

Et ce qui passe, dans un monde sans silence et ultra-débordant d’images (télé, radio, tablettes, smartphones, consoles, publicités dans les journaux et jusque dans les transports) n’est jamais anodin. Les annonceurs, publicistes et autres comportementalistes commerciaux y veillent. Ils en gagnent des millions d’euros.

Épine sur le gâteau, la passivité devient vite confortable pour un enfant. Laisser le cerveau d’un enfant avaler tout ce qui passe sans réfléchir, c’est comme le laisser avaler toutes les sucreries possibles sans contrôle.

Argument massue : « - Oui, mais ça lui plaît. »

Ok. Mais il y a forcément des conséquences. Et quelqu’un va les payer à un moment ou à un autre.

  • Lui, bien sûr, tellement habitué à avaler n’importe quoi, ne parvenant plus à mettre en branle son cerveau quand c’est nécessaire (à l’école, en activités artistiques, en présence de danger), ne fréquentant plus que des copains présentant les mêmes défauts.
  • Sa famille, supportant ses déséquilibres au quotidien.
  • La société qui financera ses visites et traitements auprès des différents praticiens consultés pour traiter ses « troubles comportementaux ».

Check out; pour moi, une seule des réponses ci-dessous est bonne.

Mon enfant s’ennuie…

  • A) Je lui allume immédiatement la télé.
  • B) Je lui mets un DVD.
  • C) Je lui donne un paquet de bonbons.
  • D) Je lui prête mon smartphone pour qu’il puisse « jouer ».
  • E) Je le laisse s’ennuyer.

Ti’ Pierre
Psychologue « à la petite semaine », mais qui a pu se faire une opinion après avoir croisé des milliers d’enfants, parents et éducateurs.

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